Une perte de cheveux progressive qui débute au sommet du crâne et s'étend peu à peu : c'est ainsi que se manifeste l'alopécie cicatricielle centrale centrifuge, une maladie qui touche presque exclusivement les femmes d'origine africaine. Longtemps, une seule explication a circulé : les pratiques capillaires. La recherche récente vient nuancer ce récit.
Une maladie longtemps résumée à une seule cause
L'alopécie cicatricielle centrale centrifuge débute au vertex et s'étend progressivement vers l'extérieur, détruisant de façon définitive les follicules pileux touchés. Pendant des années, les facteurs cosmétiques et traumatiques — défrisage fréquent, tresses ou tissages serrés — ont été présentés comme la cause principale, au risque de faire peser toute la responsabilité sur les habitudes capillaires des patientes elles-mêmes.
Une composante génétique identifiée
En 2019, une étude internationale publiée dans le New England Journal of Medicine a identifié des mutations du gène PADI3 chez des patientes atteintes de cette forme d'alopécie : dans le groupe de 16 patientes étudiées en premier lieu, 5 (soit 31 %) portaient une mutation de ce gène, impliqué dans la formation de la fibre capillaire. Cela ne signifie pas que les pratiques capillaires n'ont aucun rôle — des associations statistiques avec certaines pratiques et les antécédents familiaux ont aussi été documentées ailleurs — mais cette découverte vient nuancer un récit qui plaçait jusque-là l'explication uniquement du côté des habitudes personnelles.
Selon des études menées en Afrique et aux États-Unis, entre 2,7 et 5,6 % des femmes d'origine africaine seraient concernées par cette forme d'alopécie ; aucune étude équivalente n'a pour l'instant été menée en France, ce chiffre ne peut donc pas être considéré comme une mesure de la situation française.
Ce que ça change concrètement
Une perte de cheveux qui débute au sommet du crâne, surtout si elle s'accompagne de tiraillements, de démangeaisons ou d'une sensation de brûlure, mérite une consultation dermatologique rapide. L'alopécie cicatricielle détruit les follicules de façon irréversible : plus le diagnostic est posé tôt, plus il reste de follicules encore actifs à préserver.
Sources
- Malki L, Sarig O, Romano MT, et al. "Variant PADI3 in Central Centrifugal Cicatricial Alopecia." New England Journal of Medicine, 2019;380:833-841 — étude internationale (Israël, États-Unis, France, Afrique du Sud), citée ici uniquement pour le mécanisme génétique, conformément à la nuance de charte du 2026-09-08
- La Revue du Praticien, "Alopécies cicatricielles du cuir chevelu" — source française utilisée pour la description clinique générale de la maladie