En France, certaines femmes ont beaucoup plus de risques de mourir en couches que d'autres. Voici ce que documente l'enquête officielle sur les morts maternelles.
Un écart chiffré, documenté par Santé publique France
Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Santé publique France, 2023), fondé sur l'Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM, Inserm), les femmes nées en Afrique subsaharienne présentent un risque de mortalité maternelle plus de 3 fois supérieur à celui des femmes nées en France.
Pourquoi cet écart existe
Les chercheur·euses ont utilisé le cadre des "trois retards" de l'Organisation mondiale de la santé pour comprendre ce surrisque : retard à décider de consulter, retard à atteindre un établissement de soins, retard à recevoir un traitement adapté une fois sur place. Chez les femmes nées en Afrique subsaharienne, le premier type de retard concernait 41 % des décès étudiés, contre 26 % chez les femmes nées en France. L'isolement social, la précarité du logement et la défiance envers le système de soins figurent parmi les facteurs identifiés.
Ce que documente aussi l'enquête
Une fois en contact avec le système de soins, des délais dans la prise en charge ont été retrouvés dans la quasi-totalité des dossiers étudiés, quelle que soit l'origine des femmes. L'enquête souligne aussi le rôle des barrières linguistiques et du manque d'interprètes disponibles dans les maternités.
Sources
- Sauvegrain P, Perbellini M, Tessier V, Saucedo M, Azria E, Deneux-Tharaux C. Comprendre la surmortalité maternelle chez les femmes immigrées en France : une analyse de l'accès à des soins de qualité selon le cadre conceptuel des trois retards. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France, 2023;(3-4):61-8. beh.santepubliquefrance.fr
- Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM), organisée conjointement par l'Inserm et Santé publique France